Par Carta Abierta Francia (Lettre ouverte en France)
Traduction Celine Lanfranco
Le texte ci-joint du 19/02/2015 intitulé “ A Paris, l’ambassade d’Argentine demande à la police de barrer la route » mérite quelques commentaires.
Dans ce texte, l’Ambassade d’Argentine en France est accusée d’avoir pris des mesures afin d’interférer ou d’empêcher qu’une manifestation de solidarité avec la manifestation organisée en Argentine par un groupe de procureurs prenne place face à la porte de ses bureaux à Paris.
Il est important de rappeler qu’en France, nul n’est autorisé à manifester spontanément sur la voie publique. Le droit à la manifestation est soumis à un traitement spécial, il faut présenter un préavis de manifestation auprès de la préfecture de police indiquant le motif, l’endroit, la date, l’heure, la durée et le parcours s’il s’agit d’une marche. La présence du personnel de police répond à l’article 431-3 du Code Pénal français : « Constitue un attroupement, tout rassemblement de personnes sur la voie publique ou dans un lieu public susceptible de troubler l’ordre public. Un attroupement de personnes sur la voie publique peut être dissipé par la force publique après deux sommations de se disperser restées sans effet adressées (…). Tout appel à une manifestation non autorisée est considéré comme un délit »*
Pour ceux d’entre nous qui, pendant la dictature militaire argentine, avons participé aux manifestations devant de l’Ambassade Argentine de France tous les jeudis en solidarités avec les Mères de la Place de mai, la police était toujours présente car elle était tenue de protéger les représentations diplomatiques. Mais pour le journal Clarin, la manifestation du 18 février 2015 est une preuve irréfutable que l’on empêche les manifestants de s’exprimer librement.
Pour des raisons évidentes, cette manifestation aurait du faire l’objet d’une validation par les autorités, surtout en plein plan Vigipirate, « alerte attentat », et à peine un mois et demi après les attentats terroristes qui ont eu lieu à Paris. De fait, cette manifestation devait forcément être encadrée. La loi l’oblige, et cela n’a rien à voir avec une stratégie K qui essaye d’empêcher quoi que ce soit.
Il est nécessaire d’informer clairement tout le monde, et plus particulièrement les citoyens présents lors de cette manifestation, que grâce à la demande de protection effectuée par l’Ambassade, la manifestation a pu se dérouler normalement. Le petit groupe de gens qui ont participé à cet événement non autorisé – en majorité des touristes- a ainsi évité d’être interpellé ou arrêté par la Préfecture. Qualifier de façon péjorative l’ambassadrice de « Ministre K », quand on risque une condamnation pour manifestation sur la voie publique sans autorisation, est tout simplement grossier, de même que de déprécier l’ambassade d’Argentine en France en la nommant « installations diplomatiques ».
Malheureusement par le passé, il a déjà fallu démentir des accusations et des diffamations contre l’ambassadeur Luis Ureta Saenz Peña, l’économiste Martin Lousteau et plus récemment, tout le monde se souvient de la fausse accusation, envoyé depuis Punta del Este en Uruguay contre le chancelier Hector Timerman, alors accusé de ne pas avoir participé à la marche républicaine de solidarité aux victimes de Charlie Hebdo, et de l’Hypercacher. Le chancelier, en visite à Paris, avait présenté ses condoléances au Ministère des affaires étrangères français, et avait participé à la manifestation.
Dans l’esprit cartésien français une demi-vérité est un mensonge complet. Dans le milieu journalistique et scientifique historique, c’est une erreur intellectuelle que de faire des interprétations, altérer les sources ou transformer en sources des témoignages subjectifs produits par ceux qui sont à la fois juges et parties.
On ne peut pas faire dire aux autres des réponses fausses et on ne peut inventer des sentiments qui prennent les lecteurs de leurs propres médias soit pour des imbéciles soit pour des naïfs.
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