vendredi 19 décembre 2014

EVITA

S.E. María del Carmen Squeff, Ambassadeur de la République Argentine en France
et Mme Susana Rinaldi, Attachée Culturelle de la République Argentine en France


EVITA ainsi l’ont baptisée les plus démunis, les oubliés de la Patrie,  les masses des travailleurs qu’elle baptisera à son tour « los descamisados » (les sans-chemise), en hommage à tous ces travailleurs qui ont manifesté massivement dans les rues pour la libération de Perón en 1945. Elle a marqué l’histoire politique de l’Argentine pour son engagement sans limite dans la Patrie socialiste, sa passion et le don de soi pour le travail social et la cause des femmes.
EVITA adorée et à la fois détestée, restera dans l’histoire de l’Argentine comme la première femme dignitaire de l'Etat, pourtant reléguée au second plan, à pouvoir donner une dimension social à la politique, réussir à l’appliquer et par dessus tout, avec le soutien inconditionnel de toute la classe ouvrière.
Argentinos para la Victoria a assisté à la table ronde présenté par la nouvelle Attachée culturelle de l’Ambassade argentine en France, Mme Susana RINALDI. Nous sommes très heureux de cette nomination et lui souhaitons la bienvenue à Paris.  Les différentes intervenantes, toutes d'origine argentine, nous ont exposé leurs différentes regards sur la vie et l’œuvre d’Eva Duarte de Perón. 
 

 
« EVITA Première Dame du XX Siècle »
Les femmes de la monarchie avaient toutes un titre et un rôle à jouer dans la cour royale, mais dans les républiques naissantes de notre continent américain, ce n’était pas le cas, l’épouse du président n’avait ni rôle, ni titre définit. La femme du président n’avait pas de nom, on l'appelait « Lady » ou « Miss Président », jusqu’en 1893 où l’on la désigne comme la « Première Dame ». Plus tard, on utilisera ce terme dans la comédie mais avec une connotation ambiguë, et ce n’est qu’en 1930 que ce nom sera adopté définitivement.
EVITA incarne la conception républicaine de la « Première Dame » du siècle dernier, car elle su se faire remarquer, pourquoi ? Il faut savoir qu’elle avait était scolarisée jusqu’à l’école primaire et qu’elle est restait seulement dix ans au gouvernement.  Malgré ceci, elle a reçu quatorze distinctions  à travers le monde, rien qu’en Amérique Latine neuf pays l’on récompensée. Par ailleurs, si le Président Juan Domingo Perón n’a pas eu le temps de voir concrétiser la mise en place de sa doctrine socialiste pour l’Argentine et l’Amérique Latine, EVITA a réussi tout ce qu’elle a entreprit, car elle a su transmettre les valeurs de la doctrine péroniste d’une façon complétement différente et pérenne, au-delà des frontières.
L’effort intellectuel et physique qu’elle a dû fournir pour tous ces défis, former la classe ouvrière au péronisme, représenter l’Argentine à l’étranger, la lutte pour donner une place à la femme dans la vie politique de notre pays, sont les faits le plus marquants pour lesquels elle deviendra la Première Dame comme une grande leader politique dans l’histoire de l’argentine.
L’héritage d’Eva Duarte de Perón réside dans sa force de vouloir le changement, concrétisé en volonté et action, guidé par sa cohérence féminine d’une femme authentique. Elle a aussi contribué à construire l’histoire d’un péronisme intégrale, car elle a osé former des cadres politiques femmes.
CATALINA PANTUSO, journaliste-écrivain argentine
 
 
 
 
« Evita capitaine »
EVITA est rentré dans l’histoire du pays, en générale et dans l’histoire du péronisme, en particulier. Cristina Fernandez de Kirchner lui a rendu symboliquement plusieurs hommages, notamment lors du Bicentenaire de l’Indépendance argentine, elle a fait ériger son portrait devant la façade du Ministère d'Ouvres Publiques sur la plus grande avenue de la ville, elle a aussi fait apposer son portrait sur le plus grand billet de notre monnaie.
EVITA est le symbole d’une grande femme militante argentine, la culture politique argentine se trouve marquée à jamais par ses œuvres: suffrage féminin, branche péroniste féminine. Après avoir fait promulguer la loi du vote féminin, elle désigne en 1949, vint trois femmes déléguées pour représenter chacune une province, ensuite celles-ci nommeront d’autres déléguées et donneront naissance aux premières Unités Basiques du Parti péroniste argentin. Ces unités avaient des règles très strictes quant à l’hygiène, la tenue et l’entrée interdite aux hommes. Leur travail fut immense, elles ont réussi à générer un espace de parole pour les femmes, un lieu d’organisation, de socialisation, d’éducation des quartiers, de formation,  de solidarité, en définitive, à faire de la politique. Ces femmes militantes ont détourné la chanson de Perón et la réécriront pour elle « Evita capitaine ».
EVITA aura réussi ainsi à politiser les femmes, elles rentrent en politique et sont élues pour la première fois en Argentine. Grâce à elles le péronisme gagne les élections dans tout le pays. EVITA impulse une culture politique de la militance différente, dont Cristina Fernandez de Kirchner est l’héritière.
DIANA CUATTROCCHI-WOISSON, historien argentine, chercheur CNRS
 
 
 
« EVITA une femme qui se brise en parlant »
Perón avait comme stratégie travailler auprès des syndicats et dans les radios pour faire de la politique. Evita travaillait comme comédienne de radio théâtre, et c’est dans ce milieu qui se produit leur rencontre. Elle se retrouve ainsi propulsée dans une situation qui la dépasse. Sa rhétorique d’actrice de radio théâtre lui servira pour relayer le message de Perón,  car elle n’avait pas de culture propre.
EVITA se montre à la hauteur, mais dès son retour d’Europe se produit en elle un changement radical, elle adopte sa mythique coiffure: le chignon tressé. Ce chignon strict, entouré de deux tresses qui s’enlaçaient serrées comme une étreinte. A partir de là, en se sachant malade et condamnée, elle cherche à exprimer quelque chose d’essentiel, elle veut travailler jusqu’à sa mort.
EVITA remplace parfois Perón et le fait d’une manière brillante, féminine, acharnée et passionnée, une passion frontale et mortelle. Elle travaillait 18h par jour atteinte d’un cancer, sa relation personnelle avec le peuple est très proche et ceci devient son moteur.
EVITA voulait effacer des travailleurs la « mémoire de la pauvreté », elle offrit tout ce qui était beau, elle voulait les faire rêver pour se donner les moyens d’avoir des belles choses. Elle détestait que les femmes défavorisées ne prennent pas soin d’elles, elle savait que beauté et pouvoir allaient ensemble. Ses théories on les retrouve dans « La razón de mi vida », son œuvre permettra de donner un élan aux travailleurs et aux femmes argentines. De nos jours, ces théories n’ont aucun sens, car le pauvre pense comme le riche et il est prêt à tuer pour avoir ce qu’il n’a pas.
Autre fait très marquant dans sa vie fut le grand renoncement avec un grand R. Il se produit le jour où le peuple demande qu’elle soit nommée Vice-Présidente, deux millions des personnes « los descamisados » attendent sur la Place de Mai, depuis le balcon de la Casa Rosada elle essaie d’expliquer pourquoi ceci ne lui est pas permis. Soudain, elle  est entrainée vers l’intérieur par le Président Juan Domingo Perón. Ce renoncement deviendra tout un symbole pour les femmes de l’époque.
ALICIA DUJOVNORTIZ, écrivain argentine
 
"Eva Perón fut la femme qui a dit : Je peux! Et elle l'a fait."
Susana Rinaldi
 
 





 

 








 

 

 

 

 

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire