S.E. María del Carmen Squeff, Ambassadeur de la République Argentine en France
et Mme Susana Rinaldi, Attachée Culturelle de la République Argentine en France
et Mme Susana Rinaldi, Attachée Culturelle de la République Argentine en France
EVITA ainsi l’ont baptisée
les plus démunis, les oubliés de la Patrie, les masses des travailleurs qu’elle baptisera à
son tour « los descamisados » (les sans-chemise), en hommage à tous ces travailleurs
qui ont manifesté massivement dans les rues pour la libération de
Perón en 1945. Elle a marqué l’histoire politique de l’Argentine pour son
engagement sans limite dans la Patrie socialiste, sa passion et le don de soi pour
le travail social et la cause des femmes.
EVITA adorée et à la fois
détestée, restera dans l’histoire de l’Argentine comme la première femme dignitaire de l'Etat, pourtant reléguée au second plan, à pouvoir donner une dimension social
à la politique, réussir à l’appliquer et par dessus tout, avec le soutien inconditionnel de
toute la classe ouvrière.
Argentinos para la Victoria a assisté à la table
ronde présenté par la nouvelle Attachée culturelle de l’Ambassade argentine en
France, Mme Susana RINALDI. Nous sommes très heureux de cette nomination et lui souhaitons la bienvenue à Paris. Les différentes intervenantes, toutes d'origine argentine, nous ont exposé leurs différentes regards sur la vie et l’œuvre d’Eva Duarte de Perón.
« EVITA Première Dame du XX
Siècle »
Les femmes de la monarchie
avaient toutes un titre et un rôle à jouer dans la cour royale, mais dans les
républiques naissantes de notre continent américain, ce n’était pas le cas,
l’épouse du président n’avait ni rôle, ni titre définit. La femme du président
n’avait pas de nom, on l'appelait « Lady » ou « Miss
Président », jusqu’en 1893 où l’on la désigne comme la « Première
Dame ». Plus tard, on utilisera ce terme dans la comédie mais avec une
connotation ambiguë, et ce n’est qu’en 1930 que ce nom sera adopté
définitivement.
EVITA incarne la conception
républicaine de la « Première Dame » du siècle dernier, car elle su se faire remarquer, pourquoi ? Il faut savoir qu’elle avait était
scolarisée jusqu’à l’école primaire et qu’elle est restait seulement dix
ans au gouvernement. Malgré ceci, elle a
reçu quatorze distinctions à travers le
monde, rien qu’en Amérique Latine neuf pays l’on récompensée. Par ailleurs, si
le Président Juan Domingo Perón n’a pas eu le temps de voir concrétiser la mise
en place de sa doctrine socialiste pour l’Argentine et l’Amérique Latine, EVITA
a réussi tout ce qu’elle a entreprit, car elle a su transmettre les valeurs de
la doctrine péroniste d’une façon complétement différente et pérenne, au-delà
des frontières.
L’effort intellectuel et physique
qu’elle a dû fournir pour tous ces défis, former la classe ouvrière au
péronisme, représenter l’Argentine à l’étranger, la lutte pour donner une place
à la femme dans la vie politique de notre pays, sont les faits le plus
marquants pour lesquels elle deviendra la Première Dame comme une grande leader
politique dans l’histoire de l’argentine.
L’héritage d’Eva Duarte de Perón
réside dans sa force de vouloir le changement, concrétisé en
volonté et action, guidé par sa cohérence féminine d’une femme authentique.
Elle a aussi contribué à construire l’histoire d’un péronisme intégrale, car
elle a osé former des cadres politiques femmes.
CATALINA PANTUSO, journaliste-écrivain argentine
« Evita capitaine »
EVITA est rentré dans l’histoire du
pays, en générale et dans l’histoire du péronisme, en particulier. Cristina
Fernandez de Kirchner lui a rendu symboliquement plusieurs hommages, notamment
lors du Bicentenaire de l’Indépendance argentine, elle a fait ériger son
portrait devant la façade du Ministère d'Ouvres Publiques sur la plus grande
avenue de la ville, elle a aussi fait apposer son portrait sur le plus grand
billet de notre monnaie.
EVITA est le symbole d’une grande
femme militante argentine, la culture politique argentine se trouve marquée à
jamais par ses œuvres: suffrage féminin, branche péroniste féminine. Après
avoir fait promulguer la loi du vote féminin, elle désigne en 1949, vint trois
femmes déléguées pour représenter chacune une province, ensuite celles-ci
nommeront d’autres déléguées et donneront naissance aux premières Unités
Basiques du Parti péroniste argentin. Ces unités avaient des règles très strictes
quant à l’hygiène, la tenue et l’entrée interdite aux hommes. Leur travail fut
immense, elles ont réussi à générer un espace de parole pour les femmes, un
lieu d’organisation, de socialisation, d’éducation des quartiers, de
formation, de solidarité, en définitive,
à faire de la politique. Ces femmes militantes ont détourné la chanson de Perón
et la réécriront pour elle « Evita capitaine ».
EVITA aura réussi ainsi à
politiser les femmes, elles rentrent en politique et sont élues pour la première
fois en Argentine. Grâce à elles le péronisme gagne les élections dans tout le
pays. EVITA impulse une culture politique de la militance différente, dont
Cristina Fernandez de Kirchner est l’héritière.
DIANA
CUATTROCCHI-WOISSON, historien argentine, chercheur CNRS
« EVITA une femme qui se brise en parlant »
Perón avait comme stratégie
travailler auprès des syndicats et dans les radios pour faire de la politique. Evita
travaillait comme comédienne de radio théâtre, et c’est dans ce milieu qui se produit leur
rencontre. Elle se retrouve ainsi propulsée dans une situation qui la dépasse.
Sa rhétorique d’actrice de radio théâtre lui servira pour relayer le message de
Perón, car elle n’avait pas de culture
propre.
EVITA se montre à la hauteur,
mais dès son retour d’Europe se produit en elle un changement radical,
elle adopte sa mythique coiffure: le chignon tressé. Ce chignon strict,
entouré de deux tresses qui s’enlaçaient serrées comme une étreinte. A partir
de là, en se sachant malade et condamnée, elle cherche à exprimer quelque chose
d’essentiel, elle veut travailler jusqu’à sa mort.
EVITA remplace parfois Perón et
le fait d’une manière brillante, féminine, acharnée et passionnée, une passion frontale et
mortelle. Elle travaillait 18h par jour atteinte d’un cancer, sa relation
personnelle avec le
peuple est très proche et ceci devient son moteur.
EVITA voulait effacer des
travailleurs la « mémoire de la pauvreté », elle offrit tout ce qui
était beau, elle voulait les faire rêver pour se donner les moyens d’avoir des
belles choses. Elle détestait que les femmes défavorisées ne prennent pas soin
d’elles, elle savait que beauté et pouvoir allaient ensemble. Ses théories on
les retrouve dans « La razón de mi vida », son œuvre permettra de
donner un élan aux travailleurs et aux femmes argentines. De nos jours, ces
théories n’ont aucun sens, car le pauvre pense comme le riche et il est prêt à
tuer pour avoir ce qu’il n’a pas.
Autre fait très marquant dans sa
vie fut le grand renoncement avec un grand R. Il se produit le jour où le peuple
demande qu’elle soit nommée Vice-Présidente, deux millions des personnes
« los descamisados » attendent sur la Place de Mai, depuis le
balcon de la Casa Rosada elle essaie d’expliquer pourquoi ceci ne lui est pas
permis. Soudain, elle est entrainée
vers l’intérieur par le Président Juan Domingo Perón. Ce renoncement deviendra tout
un symbole pour les femmes de l’époque.
ALICIA DUJOVNORTIZ, écrivain argentine
![]() |
| "Eva Perón fut la femme qui a dit : Je peux! Et elle l'a fait." Susana Rinaldi |






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